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Entre
1845 et 1850, Monsieur Prosper Chartier de Douai fait édifier un immeuble qui
deviendra "le château de Mametz" sur le site de
l'ancien château dont les traces les plus anciennes remonteraient aux
années 1200.
On relève en effet dès 1221, le nom d'un Jean, seigneur de Mametz et
l'on peut supposer que ce dernier ou ses ancêtres ont élevé le premier
édifice. Supposons également que les châtelains successifs lui ont, peu
à peu, donné le visage que Charles de Croy a fait immortaliser par son
peintre Adrien de Montigny dans les années 1600 et voici la description
qu'il en est donné sur le livre "Les Albums de Croy" publié
par le Professeur Roger Berger, originaire d'Aire-sur-la-Lys :
"Tout l'accent est mis sur le très beau château alors possédé
par Florence de La Vieville, dame de Mametz par héritage et dame de
Vendeville par son mariage en 1578 avec Jean d'Estourmel. On y distingue
un parc planté d'arbres et clos de murs, et surtout, un ensemble
d'édifices entourés de larges douves que franchit un seul pont dormant.
Vers l'observateur, constructions de briques formant trois côtés de la
première cour. Au centre, châtelet d'entrée : mur percé au
rez-de-chaussée d'une grand'porte et accosté de deux tours sans
couronnement, le tout surmonté d'un chemin de ronde. Derrière ce mur,
construction apparemment aveugle : pignons à pas de moineaux, deux tours
rondes coiffées en poivrière cantonnant les angles nord-est et
sud-ouest, toitures d'ardoises, pas de conduit de cheminée visible. A
droite du châtelet, mur crénelé ; de part et d'autre, bâtiment servant
à l'exploitation agricole.
Au-delà, corps de logis disposés en quadrilatère autour d'une cour
centrale. Murs de pierre sur deux ou trois niveaux, toitures d'ardoises,
fenêtres quadrangulaires à meneaux de pierre assez régulièrement
réparties, pignons à pas de moineaux, souches de cheminées. Le tout est
cantonné aux angles de tours rondes coiffées en poivrière et
surmontées d'étendards aux sommet de longues hampes. Au centre de la
façade principale, haut pavillon d'entrée couvert de tuiles.
De ce beau château (dont nous ignorons tout), il ne reste rien. Le moulin
a été déplacé, l'église, munie d'un clocher porche en 1690 et
reconstruite en grande partie quelques deux cents ans plus tard (après
d'incendie), a gardé son beau choeur du 16e siècle."
Mais revenons à cette grande bâtisse que l'on nomme le Château de Mametz.
M. Prosper Chartier, qui l'a fait construire entre 1845-1850, devient
maire en 1860.
En 1870, son gendre M. Mancel-Chartier, Commissaire-adjoint de la Marine
hérite de la propriété et l'on retrouve ce nom jusqu'en 1906, date à
laquelle M. Brongniart devient propriétaire de ce bien.
En 1923, le château devient propriété de M. Albert Pigouche qui le
léguera, à sa mort en 1932, à sa gouvernante Melle Celinie Mametz. Le
24 février, au grand étonnement général, Melle Mametz, âgée de 54
ans, épouse en justes noces en Mairie de Mametz, Monsieur Marcel Hue de
26 ans son cadet ! Etrange mariage aux motivations financières
évidentes, qui se soldera rapidement, en 1938, par un divorce qui
laissera en tout et pour tout à la "jeune mariée", ses yeux
pour pleurer et la perspective d'une vieillesse bien désargentée.
Monsieur Hue vendra immédiatement la propriété à M. César Lorthios,
homme de loi à Béthune, qu'on soupçonne à tort ou a raison d'avoir
été le "Deus ex Machina" de cette affaire. Il y installera sa
femme et ses enfants qui furent bien vite adoptés par la population qui
appréciait la "classe" de Mme Lorthios et de sa fille. On
fermait également les yeux devant les frasques des deux galopins de fils,
au demeurant tout à fait charmants et bien intégrés dans la population
du village.
Puis vint la guerre 1940 et une réquisition de la demeure qui abrita
surtout une antenne de la trop fameuse Gestapo qui fit de l'endroit un
lieu où il ne valait mieux pas s'égarer. La raison de cet implantation
était sans aucun doute la proximité avec des rampes de V1.
Il fallut que la paix revienne pour que l'on puisse mesurer l'ampleur des
dégâts : dépradations, pillages et vols de toutes sortes. L'on comprend que Mme Lorthios
ait quitté Mametz pour suivre sa fille après le mariage de celle-ci.
La guerre terminée, M. et Mme Rocoplan-Delemolle, locataires des lieux,
essayèrent pendant quelques années de remettre maison et terrains en
état mais la charge était trop lourde et bien décourageante.
En 1971, M. Jean-Pierre Leleu devient le nouveau propriétaire. Avec
opiniâtreté, il entreprend la restauration. Il faut porter à son
crédit qu'il sut tirer parti de l'ensemble et, surtout, le féliciter
d'avoir respecté et mis en valeur ce qui restait des plantations,
entreprenant par ailleurs un vaste programme de reboisement en essences
diverses autour de la maison et d'un étang ressuscité à l'image
d'autrefois, quand les douves baignaient les pieds du mur d'enceinte.
L'intérieur du bâtiment a été remis à neuf et les communs aménagés
afin de permettre à Monsieur Leleu de créer un parc de loisirs qui
devait regrouper un terrain de camping, une
discothèque et un restaurant.
Actuellement, le camping du Château est géré
par M. Chinchilla et ses associés.
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